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Alors ... il fait ses nuits ?

Si ce n’est pas la première question qu’on te pose les premières semaines après la naissance de ton bébé, alors c’est probablement la deuxième ou la troisième.


Les conséquences de cette question sont nombreuses.


Entre le poids lourd du jugement des autres si le sommeil nocturne n’est pas mis en place rapidement et l’immense fatigue que l’on vit les premiers mois, et même les premières années, on peut se couper de nos valeurs et de nos ressentis pour correspondre à l’image que l’on attend de nous lorsque bébé arrive.


Il y a 3 grandes erreurs que font la majorité des jeunes parents à l’arrivée de bébé :



1- Les attentes sont démesurées.


On peut s’attendre à ce que bébé se réveille les 3 premiers mois pour manger, et que sa fréquence de réveil soit à peu près toutes les 3 heures.


Et après ?

Après, c’est le trou noir …


Les bébés ne devraient plus avoir besoin de manger, et donc ils n’ont pas besoin de se réveiller.

Ça, c’est ce qu’on appelle un mythe.


Donc les parents s’attendent bien souvent qu’après quelques mois de vie, bébé dorme d’une traite de 20h à 8h du matin.


Mais le bébé a plein de bonnes raisons de se réveiller :

  • Bébé a la couche pleine ou il transpire. Il ne se sent pas confortable et il a donc besoin d’être changé

  • Les premières années de vie, bébé n’a pas encore un système immunitaire très efficace. Il attrape alors facilement toutes les petites maladies d’hiver, des rhumes, des bronchiolites, des otites, … Ces maladies vont l’empêcher de bien dormir et il va avoir besoin d’être soigné, même pendant la nuit. Il y a aussi les poussées dentaires, elles sont douloureuses et les bébés ont besoin de soin et de soutien pour passer ces étapes désagréables.

  • La nuit, il fait noir, il n’y a pas de bruit, et même s’il est dans la chambre parentale les premiers mois, il se retrouve quand même seul dans son propre sommeil. Vers 2 ans, les cauchemars et terreurs nocturnes font leur apparition, la peur du noir aussi. Bébé a besoin a d’être rassuré, même s’il ne court aucun danger.


Et si on y réfléchit bien.

Nous, adultes, est-ce qu’on dort bien quand on a trop chaud, trop froid, qu’on a la grippe ou simplement un rhume, qu’on est stressé par le travail ou tout autre évènement de notre vie ?

Pas vraiment.

La différence avec nos enfants, c’est que nous pouvons nous changer seul, nous soigner seul, que nous avons la capacité de nous rassurer seul ou à être rassurée par notre moitié qui se trouve dans le même lit que nous.


Alors, comme tu as du le comprendre, bébé se réveille les 3 premiers mois, et il continuera de se réveiller pour différentes raisons tout au long de sa vie.



2- Ne pas écouter ses besoins, ses valeurs


C’est questions … « Alors, il fait ses nuits ? » … de prime abord très anodine, va pourtant amener les parents à faire des choses qu’ils n’ont pas envie de faire.


Car derrière cette question, le parent se dit « mais s’il ne fait pas ses nuits, ce n’est pas normal ».


Le parent va alors tout faire pour que son bébé fasse ses nuits.


  • Il va écouter tata Ginette qui va le conseiller de ne surtout pas prendre bébé dans ses bras s’il pleure la nuit.

  • Il va laisser pleurer bébé pour qu’il s’endorme seul, car c’est ce qu’il a lu sur Internet. Sinon, bébé va devenir dépendant et ne jamais … Ô grand jamais … réussir à s’endormir seul.

  • Il va mettre fin au cododo rapidement car l’intimité du couple, c’est important.


Mais, si on y réfléchit bien :

Est-ce qu’on n’arrive pas mieux à s’endormir, nous les adultes, quand on fait un cauchemar la nuit et que notre bien-aimé(e) nous prend dans ses bras ?

Est-ce qu’on a déjà vu un adulte vouloir s’endormir à tout prix dans le lit de ses parents ?

Est-ce que la chambre parentale est le seul lieu d’intimité possible pour les parents ?


Les parents sont souvent mal à l’aise de laisser pleurer leur bébé. Ils n’aiment pas ça, ça les rend triste et ça les frustre de ne pas pouvoir les consoler.

Beaucoup de parents ne sont pas contre l’idée de rester près de son enfant pour dormir, soit parce que ça prend moins de temps sur la soirée, soit parce qu’ils aiment aussi ce moment.

Les parents sont aussi rassurés de garder bébé près d’eux la nuit, car cela demande moins d’énergie pour prendre soin de bébé la nuit s’il est tout près.


Le problème avec cette question anodine, mais pas tant que ça, c’est que les parents se coupent de leurs envies, de leurs besoins, et de leurs valeurs, pour correspondre à un idéal de société, pour répondre aux attentes des autres, qui, eux, ne se lèvent pas toutes les nuits pour prendre soin d’un bébé …



3- S’appuyer sur des croyances.


Beaucoup de croyances circulent autour du sommeil, nous en avons déjà balayé quelques unes plus haut.


Une forte croyance, très ancrée dans notre société française, est que les troubles du sommeil seraient dus à des endormissements non autonomes et au cododo.


Parlons chiffres : 

  • 72% des petits japonais et des petits taiwanais partagent le lit de leurs parents. La fréquence des troubles du sommeil chez les nourrissons dans ces pays sont respectivement de 12% et 52%.

  • 12% des petits français partagent le lit de leur parents. La fréquence des troubles du sommeil des bébé français est de 72%.


En France, nous pratiquons ce qu’on appelle la culture distale du sommeil : l’enfant est encouragé à être autonome très tôt dans son endormissement et son sommeil. La voix du parent maintient le lien et compense les contacts physiques qui sont plus rares. Les parents parlent beaucoup à leur bébé. Des objets et agencements remplacent également la présence des parents et les contacts physiques (veilleuse, doudou, tétine, lit à barreau, chambre individuelle, ...)


Dans les sociétés non occidentales (en dehors de l’Europe et de l’Amérique du Nord), c’est la culture proximale du sommeil qui est pratiquée. Il y a beaucoup de contacts physiques entre le parent et le bébé, de jour comme de nuit, le lieu du sommeil est souvent partagé, le bébé est souvent porté de manière proximale grâce à des écharpes spécifiques.


On peut alors se rendre compte que l’idée selon laquelle les bébés dorment mieux seuls et loin de leurs parents n’est pas tout à fait juste, selon les chiffres.


Ce n’est pourtant pas une vérité absolue, car une autre croyance veut nous dire que nous dormons tous de la même manière, en même temps, et autant de temps.

Mais certains sont des gros dormeurs, d’autres de petits dormeurs.

Certains sont des couche-tard quand d’autre sont des couche-tôt.

Certains dorment dans le noir complet et d’autres ont besoin de lumière.

Certains ont besoin d’un rituel précis et solide avant de dormir, d’autres non.


Ces chiffres donnent une indication.

Ils permettent d’ouvrir l’esprit et de donner des informations sur le fait que, dans d’autres pays, les personnes dorment différemment de nous, et ça marche aussi.


Mais le plus important est de bien se connaître et de bien connaître son bébé, pour trouver la meilleure manière de dormir, celle qui apporte le plus de bien-être aux parents … et aux bébés.


Prochainement à l’Espace Parentalité, l’atelier « Projet Dormir en Lien » t’apportera les 9 clés du sommeil relationnel pour mettre en place un sommeil sain, reposant et efficace pour les parents et leur bébé.


Atelier « Projet Dormir en Lien » :

  • Pour tous les futurs parents et jeunes parents d’un bébé de moins de 6 mois

  • Date : vendredi 31 mai 2024 de 9h à 12h

  • Lieu : Espace Parentalité du Pays de Gex

  • Inscription obligatoire


Clique simplement sur le bouton ci-dessous pour t'inscrire.





 
 
 

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